Compte rendu de la réunion des anciens combattants du 03-05-2007 - réunion dite de « l’Entre-2-Tours »
A l’appel du soldat Lionel, nous nous sommes rendus à la Cantine Russe. Le soldat Edouard rechignait un peu à l’idée d’aller dans un resto russe du 16eme arrondissement de Paris – quartier de la capitale où le candidat Sarko obtint deux tiers des suffrages dès le premier tour. Et il faut avouer qu’une partie non négligeable de la valeur élevée des menus russes à Paris réside souvent dans les danses folkloriques, spectacle bien arrosé de Vodka. Mais enfin, Lionel avait tranché en évoquant les charmes des serveuses…
Et, summum de coquetterie de cette réunion de l’entre deux tours de la Présidentielle, nous avions décidé de ne pas en parler.
Edouard remit au Soldat François son cadeau d’anniversaire : une biographie de la plus célèbre empoisonneuse de France, la marquise de Brinvilliers, assortie du discours d’André Maurois prononcé à l’occasion des 150 ans de la naissance de Jules Barbey d’Aurevilly – littérateur que François semble apprécier… Et s’il s’intéresse à cette marquise, dont les talents d’empoisonneuse ont traversé les siècles, c’est au motif qu’il habite dans la maison (pardon l’hôtel particulier) jouxtant celle où elle sévit. Et de fil en aiguilles, vu la recrudescence de l’usage du poison à l’Est, nous nous sommes demandés, un instant, si notre présence dans un resto Russe était bien raisonnable.
Fort heureusement, Lionel a embrayé sur la Pologne, en brandissant une revue de presse toute fraîche sur ce pays, où il se rend souvent. Il faut dire que Lionel est fasciné par l’Europe de l’Est… Et s’il se verrait bien tycoon en Roumanie. Edouard dit qu’il l’imagine assez bien dans la peau du « Millionnaire innocent ». Il a été question de l’espèce d’épuration sociale, dont les ex-communistes sont actuellement l’objet via le gouvernement populiste dit des « deux jumeaux », de même que de la base de missiles « bidon » que les Américains, dans le cadre de l’OTAN, cherche à installer là-bas, en direction de la Russie.
M’enfin, l’important à retenir au sujet de la Pologne, c’est qu’il y a du business à faire : 40 millions d’habitants. Le pays serait comparable à l’Espagne y a 10 ou 15 ans… François et Lionel se sont mis d’accord pour reconnaître que ce pays était un incontournable, que les compagnies occidentales ne pouvaient pas ne pas y être. Et là-dessus, François est parti sur les dires de quelques grands patrons – 1 indien et 1 américain. Oui, car François, faut le souligner, est fasciné par certains « grands patrons ». Le n°1 de la première compagnie informatique indienne lui a expliqué avec simplicité la façon simple dont il investit à l’étranger : jeter son dévolu sur les pays où le rapport du niveau de formation sur le coût du travail est le plus fort : entre autres, la Chine, la Roumanie, Manille… Sur un autre registre, il nous expliqua comment Bill Gates (et Steve Balmer) faisait pour choisir ses investissements : chaque année, il réunit ses cadres dirigeants, et de cette réunion sort le « top ten » des technologies qui domineront dans 3 à 5 ans… Raison pour laquelle Microsoft a choisi sa compagnie, leader mondial du « triple play », pour former un partenariat… Ceci dit, Edouard est resté un peu sur sa faim d’avenir, car il était déjà au courant. Alors il a posé la question du cycle des investissements dans les réseaux de communications sous-marins. Sa réponse, oui, c’est reparti fort pour quelques années à coups de milliards, étant donné la saturation des réseaux installés jusqu’en 2000. Mais après, classique, y aura une nouvelle crise dans ce métier ingrat.
Et puis, alors qu’Edouard évoquait les points communs entre les écrivains issus d’Europe de l’Est, et sa découverte récente de l’auteur de « Eloge de la femme mûre », nous avons parlé de « L’éloge de la fessée » dans le couple, livre sur lequel Lionel s’est montré très déçu, soulignant combien l’auteur est ennuyeux… Un bon sujet raté en somme, selon Edouard.
Puis, après que François eut reçu l’espace d’une seconde la danseuse russe sur ses genoux, nous sommes repartis sur la France dans la mondialisation, et jusqu’à quel point on pouvait délocaliser, sachant que les indiens, selon François, craignent, eux-mêmes, les délocalisations en Chine. Là, François a décrypté les secrets du n°1 indien de l’informatique, dont la stratégie gagnante consiste à déployer dans certains pays, un centre mondial de compétence particulière, qui va desservir, en quelques sortes, la planète. Lionel fut d’accord pour reconnaître que cette stratégie datait , finalement, du temps de l’économiste Ricardo , dont la théorie des avantages comparatifs montrait que l’Angleterre avait intérêt à se spécialiser dans la fabrication de draps, et à laisser au Portugal la production du vin. Anecdotique, Edouard s’est montré moins catastrophiste en décrivant le Concours Lépine 2007 et ses 600 inventions, de la plus incongrue à la plus sophistiquée, du ramasse-crottes au boîtier permettant au muets de s’exprimer rapidement. Il a souligné cependant les difficultés de financement et de développement des inventeurs en France. Sujet sur lequel François s’est montré d’accord en prenant l’exemple de son oncle, qui planche depuis 13 ans un moteur révolutionnaire, tout en restant innocent en matière de finance et de marketing. Edouard ajouta que les jeunes inventeurs semblaient plus au faîte de ces questions en évoquant le cas de 4 jeunes de 19 ou 20 ans en BTS de micro-mécanique, qui présentaient leur invention dans le cadre du concours Lépine : une pédale de vélo lumineuse, donc sécurisante, et pour laquelle des constructeurs de vélo avaient déjà signifier leur intérêt.
Pour conclure, bien que le propos ne soit pas arrivé en fin de repas, le soldat Edouard a dit combien, périodiquement, l’embourgeoisement le mettait mal à l’aise et combien il lui fallait se remettre en cause, quitte à s’appauvrir. Ce sur quoi Lionel a eu une réponse surprenante : dans la vie, en fait, tout dépend de l’espérance de gain !
A noter, tout de même, que ni l’éternelle interrogation « Attalienne » (dite de la « reproduction orthonormée ») de la verticalisation des femmes, opposée à l’horizontalisation des hommes, ni la question de la hausse de l’or, n’ont rassemblé les trois ex combattants. Lionel, avec son phrasé lyonnais, a cependant réaffirmé son attachement à l’action Stallergènes.
Le Secrétaire.