La France lui a tout donné. Il veut tout lui rendre. Le futur Chef de l’Etat a bien parlé. Ceux que la vie a laissé sur les bas côtés, il pense à eux. Il ne les oubliera pas. Nicolas nous fait savoir qu’il pense à TOUT le monde, que le réaliste efficace a un cœur dont personne ne peut se prévaloir du monopole. C’est bien, ça colle, c’est cohérent : en tout homme réside des doses égales de conservatisme et de progressisme, pour peu que ces deux termes désignent quelque chose de vrai, de tangible, de durable.
Pas de chance, quelques minutes après, l’Elu a fait savoir à la Nation qu’il avait tiré le gros lot à la loterie nationale, et qu’en conséquence, il doit jouer au parvenu. Mais au fait, y a pas une erreur de casting là ? Qui est le metteur en scène ? Qui lui a donné le rôle ? Mais chuis banane moi, c’est nous le metteur en scène ! Oui, notre élu nous le dit avec clarté, clairement : je suis parvenu, je vais illico au Fouquet’s sur la plus belle et la plus balourde des avenues du Monde, là où le clinquant est en fusion permanente avec le vulgaire. Il y est un peu le Maître des chanteurs. Et des acteurs. The Show must go on. On m’a dit après qu’il y avait passé la nuit. Qui rêve de ça ? Le Parvenu bien sûr, celui qui a tiré le gros lot. Quoi, ça va jaser et râler dans les chaumières, sur les trottoirs, dans les taxis, les métros ? Non, voyons, c’est juste un peu de spectacle, histoire de montrer qu’il est entouré de personnalités du show bizz. Des gens très sympathiques, très utiles, bon pas spécialement pour envisager les meilleures solutions pour le moins mauvais des avenirs, mais très bien pour impressionner les foules d’électeurs derrière leurs petits écrans. Ils sont hors sujet, mais c’est pas ça le sujet, n’est-ce pas ? Et en cas de d’extrême nécessité, Simone Veil et Giscard d’Estaing l’ont soutenu du haut de leur crédit inextinguible.
Quoi ? J’apprends qu’il a filé à Malte. Quelle bonne idée ! Au coeur de la Méditerranée, au sein d’un des touts derniers membres de l’Union. Des rives de la Méditerranée, il va affiner ses pensées sur les dérives de la région. Quoi encore, sur un yacht ? Ben pourquoi pas, ça fait parti de la panoplie du parvenu, non ? Il est paillettes notre élu. Il apprécie qu’on parle de lui. Il crée des emplois. Pensez, combien de paparazzi ont senti la bonne aubaine ? Il crée des emplois, comme ses amis industriels. Oui, enfin là, il faudra faire les comptes. Un bon homme d’affaires ne crée pas d’emploi. Il en rachète. Et éventuellement il rationalise. Là, je crois que les vrais bonhommes ne sont pas ceux auxquels il pense. Mais bon, je ne vais pas ratiociner. Ce qui compte, c’est l’impression générale.
Dans un gîte, à la campagne, ç’aurait pas attiré du monde. Sans parler d’un monastère. Trop humide, trop silencieux, trop cellule. Faudra juste qu’on vérifie les autorisations autour du Yacht. Pavillon maltais, tout ça quoi. Oh là là, va falloir le surveiller celui-là. Il file droit vers le « bushisme ». Définition du bushisme : situation d’un Etat et d’un gouvernement dans lesquels la collusion entre les intérêts publics et les intérêts privés sont avérés. Exemple : les industries pétrolières et militaires aux Etats-Unis ont influencé de trop grandes décisions politiques, via l’entremise de quelques ministres et d’un chef de l’Etat issus de ces mêmes industries.
Donc, oui, les bons journalistes ont du pain sur la planche. Pas de quartier. Comme Nicolas l’a dit, l’Etat doit être irréprochable. Et les patrons voyous, c’est un scandale. Mais comme il l’a le sens de l’honneur, y a pas de souci. Et puis, il s’y connaît en « concurrence des mémoires ». La France comme la Hongrie ont eu leurs révolutions. On coupe les têtes et on enferme ici et là, si nécessaire. Et celui qui ose me dire que les Français ont élu un plouc, je lui en colle une. Peut-être tout juste une très légère faute de goût. Cecilia va arranger ça.
L.A.