Compte rendu de la réunion des anciens combattants du 18-05-2007 - réunion dite « la classique des Halles »
La soldatesque était réduite ce soir-là aux deux anciens combattants Lionel et Edouard. Le François ayant sauté le rang.
C’est « Au bon pêcheur » que le soldat Lionel a manifesté son intérêt pour les jeux vidéo réalisés en langage Flash. Des jeux, qui ne coûtent presque rien, juste du temps de bricoleur audacieux et persistant. Et qui peuvent devenir des phénomènes de société. Lionel a cité, document à l’appui, le jeu nommé « Flash element TD », qui a suscité des colonies de blogs et de forums où chacun questionne et contribue à réduire la complexité de ce jeu apparemment très simple. A méditer, à côté des grandes compagnies éditrices, qui dépensent des millions ou des dizaines de millions d’euros avec pour résultats des jeux, certes sans risque, mais sans originalité, toujours dérivés de jeux déjà existants.
Le soldat Edouard a dit au soldat Lionel qu’il avait un projet pour lui vu ses anciens talents de dessinateur. Une bande dessinée racontant les aventures d’un business man, plein d’énergie, d’optimisme, de naïveté et parfois ridicule, rebondissant et résilient malgré le fait qu’il se fasse toujours avoir par des gens sans scrupules, dotés de moyens financiers conséquents. Un candide des affaires en somme. Edouard a suggéré un titre : Les aventures de Tom Bizness. Lionel n’a pas dit non, surtout qu’il a déjà commencé à plancher sur des sujets proches. Il dit vouloir y faire passer des messages. Il pourrait s’inspirer de « Pipo et Vaurien ». Edouard a insisté sur le fait qu’il n’existe que peu de BD d’envergure, de romans, de pièces de théâtre, de films sur les monde des affaires et du travail pour, selon lui, une raison très simple : la plupart des auteurs ne connaissent pas ces mondes de l’intérieur. Ce qui n’est pas le cas de nos deux ex combattants.
Puis les deux compères se sont translatés vers le restaurant La Fresque, à 200 mètres. Une sorte d’ex cantine d’Edouard, qui y apprécie la saveur du petit menu, renouvelé chaque jour, et surtout la bonhomie et la jovialité du personnel. Sans parler de l’allure générale d’une serveuse au nom de fleur, dont Edouard dit « voir en elle »… Un vrai resto des Halles, simple et sophistiqué à la fois. Anecdote semi comique racontée par Edouard, qui la tient de la serveuse : le débarquement d’une vingtaine de personnes dans la salle voûtée, en bas, une réunion qui a évolué en partouze, manifestement préméditée, au cours de laquelle le travail des serveuses était rendu plus difficile. Le gérant n’a pas osé les vider étant donné la note, assez salée, en suspens. Le soldat Lionel s’est enquis de la tranche d’âge des participants. Puis il a raconté à Edouard sa passion pour les « space opera » », et la littérature futuriste. Edouard ne demande pas mieux que de réduire son hermétisme sur ces sujets. Il attend de lire LE bon bouquin.
Après un semblant d’enquête sur les bars alentours, la tournée classique s’est poursuivie en direction de la terrasse du Café Beaubourg, où Lionel a sorti sa remarque de la soirée : qu’il fait bon faire le touriste. Edouard a acquiescé à cette évidence pourtant si difficile à mettre en œuvre : conserver le regard du touriste dans sa propre ville, chez soi, au quotidien. Puis les deux touristes ont déliré autour d’une publicité ridicule, éditée sous la forme d’une bande dessinée, ayant trait à une invention non moins ridicule : un ramasse-crottes nommé KK+, à porter en bandoulière… Enfin,le soldat Edouard a dit qu’il projetait depuis longtemps de créer une journaliste virtuelle, en 3D, de caractère, et qui s’exprimerait sur le monde réel depuis un lieu virtuel de caractère : une grotte ou une pièce avec des pierres apparentes en guise de studio de TV. Là-dessus, l’un s’est cherché un taxi et l’autre est reparti en vélo. A noter : le soldat Edouard ne semble pas avoir convaincu le soldat Lionel d’investir dans la société, cotée en bourse, de l’ancien combattant Marc. Toutefois, ils ont eu l’air de s’accorder sur le fait que l’automne boursier risquait d’être sanglant si la hausse des marchés financiers se poursuivait au rythme actuel. C’est un des points à suivre.
Le Secrétaire.