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Lundi 12 mars 2007

Le pays glisse maintenant vers les extrêmes. OK, allons-y, mais à l’extrême centre. Laissons tomber sans ménagement la droite et la gauche, et leurs bas côtés, qui attirent ceux touchés par d’affreuses nausées, d’angoissantes impressions de déjà-vu. La droite, la gauche et leurs avatars connexes, cette horreur politique, ce fiasco de la lucidité et de l’imagination. Comment croire, encore, que le monde se divise en deux ? Le bien, le mal… Comment des citoyens, réputés dotés de bon sens, intelligents, certains super éduqués, super spécialistes en toutes choses complexes, peuvent-ils accepter une représentation du monde aussi bipolaire, du registre de l’enfermement mental, du réflexe, de la croyance ?

Les formes de l’extrême gauche et de l’extrême droite sont bien sûr un précipité de chimie politique issu de la stérilité du couple droite-gauche, dont les ressorts idéologiques, éructant et plaqués sur la réalité, ont conduit à mener des politiques myopes, destructrices d’avenir et de bien-être pour les générations à venir. Les politiques de sortie précoce de la vie dite « active » (préretraites et autres variantes…) alors même que la simple projection arithmétique permettait de prévoir d’importantes difficultés de financement des retraites, est un monstre d’irresponsabilité sous couvert de générosité. Même sujet, autre blocage, issu du dogme manichéen : la sempiternelle et fallacieuse opposition entre le financement des retraites par «  répartition » ou par « capitalisation » : ni l’un ni l’autre de ces « systèmes » ne fonctionneront si la richesse et le dynamisme futurs ne le permettent pas.

Autres fausses différences aiguillons de notre enlisement : comment ne pas voir combien les opinions anti-européennes, anti-mondialisation, sont  aussi répandues à droite et à gauche, en particulier aux deux extrêmes ? De la même façon, l’anticapitalisme national rapprochait socialistes et conservateurs à la fin du XIX siècle. Réflexes et postures électorales, représentation illusoire du monde obstinément dépassée par les événements…

Est-ce être progressiste ou réactionnaire aujourd’hui que de vouloir conserver la planète ?

Les « Justes » le sentent, l’observent, le savent : en chaque homme réside un être « de droite » et « de gauche », également progressiste et conservateur dans ses comportements individuels, dans sa vie la plus quotidienne comme dans ses longues entreprises. Il faut être de bien mauvaise foi pour n’avoir pas observé combien personne, sauf exception, ne peut se prévaloir du monopole du bien. A tenter d’élever l’illusion mensongère de la dualité politique, ne peut-on pas avancer que Giscard d’Estaing a perdu les élection en 1981 pour avoir mené une politique trop sociale –nombre de chefs d’entreprises n’avaient pas apprécié- et que Mitterrand les a gagné en 1986 pour avoir laissé mener une politique économique conservatrice (franc fort, marchés financiers florissants durant les années 80…) ?

 

 

 

Certains parlent d’ingrédients pré-révolutionnaires dans ce pays : ratés ou cassures de l’Europe, sentiment de disparition des forces intérieures au profit des autres mondes, mouvements de crispations de la jeunesse faute d’avenir attractif, conflits prévisibles entre les générations, dont les différences de richesse sont trop flagrantes pour ne pas provoquer de rupture…

La première révolution est d’abord mentale : éradiquer les réflexes et croyances de droite et de gauche pour permettre d’imaginer et de mettre en œuvre des politiques inventives et qui frappent juste. N’accorder aucun crédit aux candidats étiquetés. Et s’il le faut, comme dans la fable de José Saramago (« La Lucidité »), voter blanc jusqu’à ce que des candidats se présentent sans leurs épaulettes de maîtres-chanteurs d’un monde binaire. L’opinion est mûre pour reconnaître les leçons de l’histoire. Les dogmes appliqués finissent mal, leurs politiques sombrent sous le poids de leur incohérences et aveuglements. La tentation des extrêmes est bien là, retenons l’extrême centre, ce juste milieu forcené, cet art de la synthèse créative, aussi bon comptable que visionnaire, aussi réaliste qu’ingénieux, aussi volontaire qu’amoureux des gens…Une telle exigence tient de l’idéal, peut-être, mais pas de dogme ici, l’absence de système pour seul système. L’idéalisme le plus moderne qui soit. Il a l’élégance de traverser le temps sans s’user, il est là pour pallier à la tentation de la prison politique.

 

 

 

Ouvrons les politiques à l’extrême centre, au-delà de la droite et de la gauche. Quelques pistes.

 

 

 

Les hommes naissent avant de mourir. Lancer un fonds public d’investissement pour la jeunesse. Mener une politique communiste du bébé capitaliste, socle et nerf de l’avenir matériel. L’Etat dote chaque nouveau né d’un capital investi dans l’économie jusqu’à sa majorité. Restitution démultipliée par dix-huit années d’investissement pour financer des projets individuels ou d’équipes : études, logement, création activité, entreprise… Compensation dès la naissance de la dette publique qui pèse sur les frêles épaules des « bébés-qui-n’ont-rien-demandé » (entre 17000 et 35000 euros selon les estimations). Intégration sociale, responsabilisation, confiance, liberté d’action. Aborder les retraites par l’autre bout du chemin.

 

 

 

L’éducation, la source. Métissage de rigueur : pourquoi scinder les matières alors que le niveau général de création d’un pays, sa vigueur  et son renouvellement, dépend de sa capacité à marier des éléments de nature a priori étrangère ?

Alors, oeuvrons : mélange et fusion des matières, passerelles, exploration, melting pot dans les collèges et lycées : géographie et physique, arts et mathématiques, français et anglais, sport et sciences naturelles, français et mathématiques, histoire et français, économie et écologie, économie et géographie et mathématiques… Sport et gestion. Cours entrepris en simultanée par deux enseignants. In fine, nouvelles matières, nouveaux sujets ; nouvelles manières et nouvelles visions.

 

 

 

Exode urbain. Au contraire de ces dizaines de millions de chinois, en exode rural, en fuite vers les mégalopoles. Grâce aux réseaux de transport et de communications rapide, le local est au centre de tout : délocalisation locale de la nouvelle économie, revitalisation humaine du patrimoine local extraordinaire de ce pays. Devoir des Maires d’inciter à la création d’activités et d’emplois locaux et de proximité. Renouveau de l’agriculture artisanale et de l’autosubsistance. Dotations publiques en terres (les lopins de terre !).

 

 

 

Indépendance et insertion du pays et de l’Europe dans le monde. Economie politique volontaire. Faire des choix pour plusieurs dizaines d’années. Construire des avantages déterminants dans l’économie du monde. Exemple historique du choix du nucléaire et de l’indépendance électrique française. Parmi d’autres, un exemple : investir massivement dans le « biométisme » : utiliser, adapter et transformer toutes les propriétés des mondes animal et végétal pour les activités humaines. Pourquoi les bateaux auraient-ils ad vitam aeternam des hélices alors qu’il serait plus économe de les propulser en imitant la mécanique des pattes de certains oiseaux nageurs, comme les pingouins ? Nécessité : meilleure articulation des emplois et investissements publics et privés, puis disparition progressive de l’opposition et de la frontière entre le privé et le public.

 

 

 

Edouard Ballot,

Novembre 2006

Par Edouard Ballot
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Dimanche 25 mars 2007

Dites-moi, ça serait quoi, aujourd'hui, le "National Socialisme" ?

De mon côté, je ne sais pas... je m'interroge.

La candidate socialiste à la fonction présidentielle, Ségolène Royal, vient de suggérer que les Français aient chacun, chez eux, un drapeau bleu-blanc-rouge, et l'exposent à leur fenêtre le jour de la fête nationale...

Et si je ne l'expose pas ? Mes voisins vont-ils en parler à ma gardienne ? Et si je suis SDF, comment je vais fêter la fête-fenêtre ?

On sombre là.

Le silence est une valeur suprême.

Par Edouard Ballot
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Jeudi 10 mai 2007

La France lui a tout donné. Il veut tout lui rendre. Le futur Chef de l’Etat a bien parlé. Ceux que la vie a laissé sur les bas côtés, il pense à eux. Il ne les oubliera pas.  Nicolas nous fait savoir qu’il pense à TOUT le monde, que le réaliste efficace a un cœur dont personne ne peut se prévaloir du monopole. C’est bien, ça colle, c’est cohérent : en tout homme réside des doses égales de conservatisme et de progressisme, pour peu que ces deux termes désignent quelque chose de vrai, de tangible, de durable.
Pas de chance, quelques minutes après, l’Elu a fait savoir à la Nation qu’il avait tiré le gros lot à la loterie nationale, et qu’en conséquence, il doit jouer au parvenu. Mais au fait, y a pas une erreur de casting là ? Qui est le metteur en scène ? Qui lui a donné le rôle ? Mais chuis banane moi, c’est nous le metteur en scène ! Oui, notre élu nous le dit avec clarté, clairement : je suis parvenu, je vais illico au Fouquet’s sur la plus belle et la plus balourde des avenues du Monde, là où le clinquant est en fusion permanente avec le vulgaire. Il y est un peu le Maître des chanteurs. Et des acteurs. The Show must go on. On m’a dit après qu’il y avait passé la nuit. Qui rêve de ça ? Le Parvenu bien sûr, celui qui a tiré le gros lot. Quoi, ça va jaser et râler dans les chaumières, sur les trottoirs, dans les taxis, les métros ?  Non, voyons, c’est juste un peu de spectacle, histoire de montrer qu’il est entouré de personnalités du show bizz. Des gens très sympathiques, très utiles, bon pas spécialement pour envisager les meilleures solutions pour le moins mauvais des avenirs, mais très bien pour impressionner les foules d’électeurs derrière leurs petits écrans. Ils sont hors sujet, mais c’est pas ça le sujet, n’est-ce pas ? Et en cas de d’extrême nécessité, Simone Veil et Giscard d’Estaing l’ont soutenu du haut de leur crédit inextinguible.
Quoi ? J’apprends qu’il a filé à Malte. Quelle bonne idée ! Au coeur de la Méditerranée, au sein d’un des touts derniers membres de l’Union. Des rives de la Méditerranée, il va affiner ses pensées sur les dérives de la région. Quoi encore, sur un yacht ? Ben pourquoi pas, ça fait parti de la panoplie du parvenu, non ? Il est paillettes notre élu. Il apprécie qu’on parle de lui. Il crée des emplois. Pensez, combien de paparazzi ont senti la bonne aubaine ? Il crée des emplois, comme ses amis industriels. Oui, enfin là, il faudra faire les comptes. Un bon homme d’affaires ne crée pas d’emploi. Il en rachète. Et éventuellement il rationalise. Là, je crois que les vrais bonhommes ne sont pas ceux auxquels il pense. Mais bon, je ne vais pas ratiociner. Ce qui compte, c’est l’impression générale.

Dans un gîte, à la campagne, ç’aurait pas attiré du monde. Sans parler d’un monastère. Trop humide, trop silencieux, trop cellule. Faudra juste qu’on vérifie les autorisations autour du Yacht. Pavillon maltais, tout ça quoi. Oh là là, va falloir le surveiller celui-là. Il file droit vers le « bushisme ». Définition du bushisme : situation d’un Etat et d’un gouvernement dans lesquels la collusion entre les intérêts publics et les intérêts privés sont avérés. Exemple : les industries pétrolières et militaires aux Etats-Unis ont influencé de trop grandes décisions politiques, via l’entremise de quelques ministres et d’un chef de l’Etat issus de ces mêmes industries.
Donc, oui, les bons journalistes ont du pain sur la planche. Pas de quartier. Comme Nicolas l’a dit, l’Etat doit être irréprochable. Et les patrons voyous, c’est un scandale. Mais comme il l’a le sens de l’honneur, y a pas de souci. Et puis, il s’y connaît en « concurrence des mémoires ». La France comme la Hongrie ont eu leurs révolutions. On coupe les têtes et on enferme ici et là, si nécessaire. Et celui qui ose me dire que les Français ont élu un plouc, je lui en colle une. Peut-être tout juste une très légère faute de goût. Cecilia va arranger ça.
L.A.
Par Louis A.
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Mardi 15 mai 2007
Compte rendu de la réunion des anciens combattants du 03-05-2007 - réunion dite de « l’Entre-2-Tours »

A l’appel du soldat Lionel, nous nous sommes rendus à la Cantine Russe. Le soldat Edouard rechignait un peu à l’idée d’aller dans un resto russe du 16eme arrondissement de Paris – quartier de la capitale où le candidat Sarko obtint deux tiers des suffrages dès le premier tour. Et il faut avouer qu’une partie non négligeable de la valeur élevée des menus russes à Paris réside souvent dans les danses folkloriques, spectacle bien arrosé de Vodka. Mais enfin, Lionel avait tranché en évoquant les charmes des serveuses…

Et, summum de coquetterie de cette réunion de l’entre deux tours de la Présidentielle, nous avions décidé de ne pas en parler.
Edouard remit au Soldat François son cadeau d’anniversaire : une biographie de la plus célèbre empoisonneuse de France, la marquise de Brinvilliers, assortie du discours d’André Maurois prononcé à l’occasion des  150 ans de la naissance de Jules Barbey d’Aurevilly – littérateur que François semble apprécier… Et s’il s’intéresse à cette marquise, dont les talents d’empoisonneuse ont traversé les siècles, c’est au motif qu’il habite dans la maison (pardon l’hôtel particulier) jouxtant celle où elle sévit. Et  de fil en aiguilles, vu la recrudescence de l’usage du poison à l’Est, nous nous sommes demandés, un instant, si notre présence dans un resto Russe était bien raisonnable.

Fort heureusement, Lionel a embrayé sur la Pologne, en brandissant une revue de presse toute fraîche sur ce pays, où il se rend souvent. Il faut dire que Lionel est fasciné par l’Europe de l’Est… Et s’il se verrait bien tycoon en Roumanie. Edouard dit qu’il l’imagine assez bien dans la peau du « Millionnaire innocent ». Il a été question de l’espèce d’épuration sociale, dont les ex-communistes sont actuellement l’objet via le gouvernement populiste dit des « deux jumeaux », de même que de la base de missiles « bidon » que les Américains, dans le cadre de l’OTAN, cherche à installer là-bas, en direction de la Russie.
M’enfin, l’important à retenir au sujet de la Pologne, c’est qu’il y a du business à faire : 40 millions d’habitants. Le pays serait comparable à l’Espagne y a 10 ou 15 ans… François et Lionel se sont mis d’accord pour reconnaître que ce pays était un incontournable, que les compagnies occidentales ne pouvaient pas ne pas y être. Et là-dessus, François est parti sur les dires de quelques grands patrons – 1 indien et 1 américain. Oui, car François, faut le souligner, est fasciné par certains « grands patrons ». Le n°1 de la première compagnie informatique indienne lui a expliqué avec simplicité la façon simple dont il investit à l’étranger : jeter son dévolu sur les pays où le rapport du niveau de formation sur le coût du travail est le plus fort : entre autres, la Chine, la Roumanie, Manille… Sur un autre registre, il nous expliqua comment Bill Gates (et Steve Balmer) faisait pour choisir ses investissements : chaque année, il réunit ses cadres dirigeants, et de cette réunion sort le « top ten » des technologies qui domineront dans 3 à 5 ans… Raison pour laquelle Microsoft a choisi sa compagnie, leader mondial du « triple play », pour former un partenariat… Ceci dit, Edouard est resté un peu sur sa faim d’avenir, car il était déjà au courant. Alors il a  posé la question du cycle des investissements dans les réseaux de communications sous-marins. Sa réponse, oui, c’est reparti fort pour quelques années à coups de milliards, étant donné la saturation des réseaux installés jusqu’en 2000. Mais après, classique, y aura une nouvelle crise dans ce métier ingrat.

Et puis, alors qu’Edouard évoquait les points communs entre les écrivains issus d’Europe de l’Est, et sa découverte récente de l’auteur de « Eloge de la femme mûre », nous avons parlé de « L’éloge de la fessée » dans le couple, livre sur lequel Lionel s’est montré très déçu, soulignant combien l’auteur est ennuyeux… Un bon sujet raté en somme, selon Edouard.

Puis, après que François eut reçu l’espace d’une seconde la danseuse russe sur ses genoux, nous sommes repartis sur la France dans la mondialisation, et jusqu’à quel point on pouvait délocaliser, sachant que les indiens, selon François, craignent, eux-mêmes, les délocalisations en Chine. Là, François a décrypté les secrets du n°1 indien de l’informatique, dont la stratégie gagnante consiste à déployer dans certains pays, un centre  mondial de compétence particulière, qui va desservir, en quelques sortes, la planète. Lionel fut d’accord pour reconnaître que cette stratégie datait , finalement, du temps de l’économiste Ricardo , dont la théorie des avantages comparatifs montrait que l’Angleterre avait intérêt à se spécialiser dans la fabrication de draps, et à laisser au Portugal la production du vin. Anecdotique, Edouard s’est montré moins catastrophiste en décrivant le Concours Lépine 2007 et ses 600 inventions, de la plus incongrue à la plus sophistiquée, du ramasse-crottes au boîtier permettant au muets de s’exprimer rapidement. Il a souligné cependant les difficultés de financement et de développement des inventeurs en France. Sujet sur lequel François s’est montré d’accord en prenant l’exemple de son oncle, qui planche depuis 13 ans un moteur révolutionnaire, tout en restant innocent en matière de finance et de marketing. Edouard ajouta que les jeunes inventeurs semblaient plus au faîte de ces questions en évoquant le cas de 4 jeunes de 19 ou 20 ans en BTS de micro-mécanique, qui présentaient leur invention dans le cadre du concours Lépine : une pédale de vélo lumineuse, donc sécurisante, et pour laquelle des constructeurs de vélo avaient déjà signifier leur intérêt.

Pour conclure, bien que le propos ne soit pas arrivé en fin de repas, le soldat Edouard a dit combien, périodiquement, l’embourgeoisement le mettait mal à l’aise et combien il lui fallait se remettre en cause, quitte à s’appauvrir. Ce sur quoi Lionel a eu une réponse surprenante : dans la vie, en fait, tout dépend de l’espérance de gain !
A noter, tout de même, que ni l’éternelle interrogation « Attalienne » (dite de la « reproduction orthonormée ») de la verticalisation des femmes, opposée à l’horizontalisation des hommes, ni la question de la hausse de l’or, n’ont rassemblé les trois ex combattants. Lionel, avec son phrasé lyonnais, a cependant réaffirmé son attachement à l’action Stallergènes.

Le Secrétaire.
Par Le Secrétaire
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Mercredi 30 mai 2007
Compte rendu de la réunion des anciens combattants du 18-05-2007 - réunion dite « la classique des Halles »


La soldatesque était réduite ce soir-là aux deux anciens combattants Lionel et Edouard. Le François ayant sauté le rang.

C’est « Au bon pêcheur » que le soldat Lionel a manifesté son intérêt pour les jeux vidéo réalisés en langage Flash. Des jeux, qui ne coûtent presque rien, juste du temps de bricoleur audacieux et persistant. Et qui peuvent devenir des phénomènes de société. Lionel a cité, document à l’appui, le jeu nommé « Flash element TD », qui a suscité des colonies de blogs et de forums où chacun questionne et contribue à réduire la complexité de ce jeu apparemment très simple. A méditer, à côté des grandes compagnies éditrices, qui dépensent des millions ou des dizaines de millions d’euros avec pour résultats des jeux, certes sans risque, mais sans originalité, toujours dérivés de jeux déjà existants.

Le soldat Edouard a dit au soldat Lionel qu’il avait un projet pour lui vu ses anciens talents de dessinateur. Une bande dessinée racontant les aventures d’un business man, plein d’énergie, d’optimisme, de naïveté et parfois ridicule, rebondissant et résilient malgré le fait qu’il se fasse toujours avoir par des gens sans scrupules, dotés de moyens financiers conséquents. Un candide des affaires en somme. Edouard a suggéré un titre : Les aventures de Tom Bizness. Lionel n’a pas dit non, surtout qu’il a déjà commencé à plancher sur des sujets proches. Il dit vouloir y faire passer des messages. Il pourrait s’inspirer de « Pipo et Vaurien ». Edouard a insisté sur le fait qu’il n’existe que peu de BD d’envergure, de romans, de pièces de théâtre, de films sur les monde des affaires et du travail pour, selon lui, une raison très simple : la plupart des auteurs ne connaissent pas ces mondes de l’intérieur. Ce qui n’est pas le cas de nos deux ex combattants.

Puis les deux compères se sont translatés vers le restaurant La Fresque, à 200 mètres. Une sorte d’ex cantine d’Edouard, qui y apprécie la saveur du petit menu, renouvelé chaque jour, et surtout la bonhomie et la jovialité du personnel. Sans parler de l’allure générale d’une serveuse au nom de fleur, dont Edouard dit « voir en elle »… Un vrai resto des Halles, simple et sophistiqué à la fois. Anecdote semi comique racontée par Edouard, qui la tient de la serveuse : le débarquement d’une vingtaine de personnes dans la salle voûtée, en bas, une réunion qui a évolué en partouze, manifestement préméditée, au cours de laquelle le travail des serveuses était rendu plus difficile. Le gérant n’a pas osé les vider étant donné la note, assez salée, en suspens. Le soldat Lionel s’est enquis de la tranche d’âge des participants. Puis il a raconté à Edouard sa passion pour les « space opera » », et la littérature futuriste. Edouard ne demande pas mieux que de réduire son hermétisme sur ces sujets. Il attend de lire LE bon bouquin.

Après un semblant d’enquête sur les bars alentours, la tournée classique s’est poursuivie en direction de la terrasse du Café Beaubourg, où Lionel  a sorti sa remarque de la soirée : qu’il fait bon faire le touriste. Edouard a acquiescé à cette évidence pourtant si difficile à mettre en œuvre : conserver le regard du touriste dans sa propre ville, chez soi, au quotidien. Puis les deux touristes ont déliré autour d’une publicité ridicule, éditée sous la forme d’une bande dessinée, ayant trait à une invention non moins ridicule : un ramasse-crottes nommé KK+, à porter en bandoulière… Enfin,le soldat Edouard a dit qu’il projetait depuis longtemps de créer une journaliste virtuelle, en 3D, de caractère, et qui s’exprimerait sur le monde réel depuis un lieu virtuel de caractère : une grotte ou une pièce avec des pierres apparentes en guise de studio de TV. Là-dessus, l’un s’est cherché un taxi et l’autre est reparti en vélo. A noter : le soldat Edouard ne semble pas avoir convaincu le soldat Lionel d’investir dans la société, cotée en bourse, de l’ancien combattant Marc. Toutefois, ils ont eu l’air de s’accorder sur le fait que l’automne boursier risquait d’être sanglant si la hausse des marchés financiers se poursuivait au rythme actuel. C’est un des points à suivre.

Le Secrétaire.
Par Le Secrétaire
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